Le tourisme représente 70% de notre activité économique locale. Pour maintenir nos chamoniards à Chamonix et leur garantir une qualité de vie optimale, il est aujourd’hui nécessaire qu’ils se réapproprient ce tourisme et que nous agissions sur la diversification économique et l’innovation. Il nous faut donc sortir de cette dépendance excessive et inventer ensemble le tourisme de demain en concertation avec nos professionnels et spécialistes du secteur : un tourisme durable, acceptable et choisi.
21 – La carte d’hôte devient City Card
→ Constat : Les visiteurs se heurtent à une offre de service morcelée (transports, stationnement, forfaits, pass culture, accès sportifs…) et difficilement lisible ce qui se répercute directement sur les flux dans la vallée. Notre carte d’hôte, auparavant dédiée à la collecte de la taxe de séjour est devenue vide et obsolète.
→ Objectif : Créer un outil simple, moderne et attractif qui facilite et renforce l’expérience client, soutient l’économie locale, encourage les mobilités douces et valorise les pratiques culturelles et sportives.
→ Mesure : Poursuivre le travail engagé par l’Office du tourisme et mettre en place une véritable City Card payante, physique et/ou numérique, donnant accès à plusieurs niveaux de services (bouquets différents et durées différentes) sur une durée limitée. Proposer un panel de services gratuits mais aussi des réductions en lien avec les socio-professionnels et commerces locaux.
22 – Un observatoire du tourisme consultable en temps réel
→ Constat : Les décisions en matière de tourisme reposent encore trop souvent sur des données dispersées, anciennes et issues de sources multiples (hébergeurs, remontées mécaniques, OT, évènements, flux routiers…) ce qui rend difficile une vision fine des fréquentations, de leurs impacts sur le cadre de vie ou encore l’environnement. Pour rester au niveau des grandes destinations alpines, anticiper les effets du changement climatique et maîtriser les impacts de la fréquentation, Chamonix doit s’appuyer sur un outil capable de comprendre l’ensemble des forces qui façonnent la vallée, un outil unique et transversal qui réunira les données économiques, sociales, touristiques, environnementales et de mobilité, afin que chaque décision publique soit guidée par des faits solides, des analyses partagées et les avis de tous.
→ Objectif : Doter la vallée d’un véritable outil de pilotage partagé du tourisme, transparent et accessible en temps quasi réel afin d’ajuster nos politiques publiques.
→ Mesure: En lien avec les données déjà récoltées et traitées par l’Office du tourisme, nos délégataires, nos hébergeurs, nos bornes de comptage etc… Nous développerons une plateforme publique multilingue en ligne, alimentée en continu par des indicateurs clés (taux d’occupation, flux, fréquentation des sites, données climatiques, retombées économiques, qualité de l’air…). En plus d’être consultables à tout moment, nous organiserons des temps de restitutions publiques de ces données afin de les traduire en décisions concrètes sur le terrain ainsi qu’en “guide de bonnes pratiques en vallée de Chamonix” consultable à tout moment afin de limiter les irritants du quotidien.
23 – Un tourisme choisi et de longue durée
→ Constat : Chamonix subit une forte pression d’excursionnistes à la journée, qui saturent les accès, les parkings et certains sites sans toujours contribuer durablement à l’économie locale, tandis que les hébergeurs ne disposent pas de tous les outils pour accompagner leurs clients sur l’ensemble du parcours de séjour. Cette situation crée des tensions sur le cadre de vie des habitants et une impression de « trop plein » à certaines périodes, sans que les retombées économiques soient optimisées.
→ Objectif : Rééquilibrer la fréquentation en faveur des séjours plus longs, réduire l’impact négatif des excursionnistes, et faire des hébergeurs de véritables partenaires de la régulation des flux et de la qualité d’accueil.
→ Mesure : Impliquer les hébergeurs dans le parcours client : possibilités de réservation de parking et de services de mobilité dès la réservation de l’hébergement par les touristes, information personnalisée sur les horaires d’affluence et les alternatives de visite. Adapter la communication pour orienter les excursionnistes vers des mobilités douces, des créneaux moins saturés et des offres hors des « hotspots » classiques. Travailler avec les partenaires (CMB, OT, transporteurs) à des offres incitatives pour les séjours plus longs (packages transport + hébergement + activités) plutôt qu’une inflation d’offres à la journée. Poursuivre la politique commerciale de l’OT : entretien mais aucun démarchage des marchés lointains.
24 – Un tourisme varié et mieux intégré à la vie locale
→ Constat : Il nous faut être précurseurs et innovants afin d’envisager d’ores et déjà ce que ferons nos visiteurs dans 20 ans avec moins d’enneigement. Faire évoluer le tourisme chamoniard, c’est le rendre plus accessible pour les habitants, plus moderne dans son ski, plus riche en culture et en émotions, plus diversifié dans ses activités, et plus pleinement connecté à la montagne vivante. Les grands événements et le tourisme d’affaires génèrent des retombées économiques importantes mais sont parfois vécus comme une contrainte par certains habitants. Parallèlement, le tourisme d’affaires reste sous‑exploité sur les ailes de saison, alors qu’il pourrait contribuer à une véritable vie quatre saison.
→ Objectif : Mieux intégrer événements et tourisme d’affaires dans le quotidien de la ville, retisser le lien entre les habitants et leurs événements, et utiliser ces clientèles comme leviers d’un tourisme plus régulier sur l’année plutôt que de pics insupportables. Varier notre tourisme pour rester attractifs et concurrentiels, tout en préservant les sites et le cadre de vie.
→ Mesure : Affirmer une stratégie assumée de tourisme d’affaires sur les ailes de saison (printemps, automne) : soutien aux offres de séminaires, congrès, événements professionnels en lien avec la montagne, l’environnement, le sport et la culture tout en révisant la charte réglementaire actuellement en vigueur concernant ces activités, en concertation avec les professionnels du secteur (agences, hôteliers, bars, restaurants…).
Créer des moments festifs pour les habitants en marge des grands événements (fêtes de quartier, bals, concerts gratuits, rencontres avec les athlètes/participants, défilés…) afin que nos locaux se réapproprient ces moments conviviaux. Diversifier le calendrier d’événements, en valorisant aussi des formats plus modestes mais mieux répartis sur l’année. Soutenir le projet de diversification touristique du Glaciorium au Montenvers et renouer le dialogue avec le département pour finaliser ce beau projet culturel. Proposer une restauration d’altitude plus variée et diversifier nos pratiques hivernales (raquettes, contemplation, zones relax, tyrolienne, luge, ski de randonnée sécurisé… ) pour permettre d’offrir une montagne vivante au-delà du seul ski..
25 – Création d’un camp de base des entrepreneurs
→ Constat : De nombreux porteurs de projets (saisonniers, indépendants, artisans, acteurs du tourisme, de la culture et de la transition écologique) peinent encore à trouver un accompagnement lisible, de proximité, et adapté aux réalités de notre territoire (saisonnalité, coût du foncier et du logement, complexité des démarches…) ce qui freine l’émergence d’initiative locales et favorise la fuite des talents.
→ Objectif : Créer un portail numérique ainsi qu’un lieu dédié à l’accompagnement de tous les porteurs de projets entrepreneuriaux ou économiques de la vallée, favorisant la diversification économique et l’emploi local.
→ Mesure : Au Grépon, rassembler dans un même espace d’accueil les porteurs de projets et proposer un guichet unique d’orientation vers les aides existantes (Bpi, Région, Etat, Avenir Montagnes, Europe…), un programme d’ateliers et de contrats (juridique, financier, communication…), des espaces de coworking, des salles de travail avec visio conférences, des évènements de mise en réseau (hackathon, nuit de l’entrepreneuriat en montagne…) en lien étroit avec les acteurs économiques, associatifs et institutionnels du territoire afin d’accompagner chaque année un nombre croissant de projets “Forged in Chamonix” et générateurs d’emplois. L’occasion aussi d’animer un guichet emploi–logement–mobilité à destination des saisonniers qui souhaitent se sédentariser.