Mobilité : changer réellement les habitudes de déplacement dans la vallée
Parler de transition des mobilités n’a de sens que si l’on se donne les moyens de transformer concrètement les usages du quotidien. C’est précisément l’objectif de notre engagement en faveur d’un train cadencé toutes les 20 minutes entre Servoz et Vallorcine, avec des amplitudes horaires adaptées aux trajets domicile-travail, aux études, aux services et à la vie locale.
Ce choix n’est ni symbolique ni incantatoire. Il est fondé sur des données solides et sur l’expérience de nombreux territoires comparables.
Pourquoi le cadencement à 20 minutes change tout
Toutes les études de mobilité convergent sur un point clé : en-deçà d’un train toutes les 20 minutes, le ferroviaire reste une alternative parmi d’autres. À partir de ce seuil, il devient un réflexe.
C’est à ce rythme que les comportements basculent réellement, que l’on cesse de « réfléchir » à prendre le train et que celui-ci s’impose comme l’évidence pour les déplacements du quotidien.
L’enjeu n’est donc pas d’améliorer marginalement l’existant, mais de changer d’échelle.
Une mise en œuvre en deux étapes claires
Notre proposition repose sur une trajectoire réaliste et progressive.
La première étape consiste à mettre en place un train toutes les 20 minutes entre Servoz et Vallorcine, afin de répondre prioritairement aux besoins quotidiens des habitants de la vallée.
La deuxième étape vise à étendre ce même cadencement depuis Le Fayet, pour structurer l’ensemble du territoire et renforcer la cohérence de la ligne à l’échelle du bassin de vie.
L’objectif est clair : moins de voitures, moins de pollution, moins d’émissions de gaz à effet de serre, moins de congestion. Mais aussi plus de régularité, plus de sérénité, plus de pouvoir d’achat et davantage de liberté dans les choix de mobilité.
Une faisabilité désormais démontrée
Certains continuent d’affirmer que ce projet serait techniquement impossible, électoraliste ou financièrement irréaliste. Les faits récents démontrent exactement l’inverse.
L’avenant mobilités au Contrat de Plan État-Région vient d’être voté. Il prévoit 72 millions d’euros spécifiquement fléchés pour la ligne du Mont-Blanc Express, de Saint-Gervais à Vallorcine.
Cet investissement ne se limite pas à l’entretien courant. Il prépare concrètement la montée en puissance de l’offre ferroviaire.
D’une part, des travaux de régénération lourds sont prévus pour garantir la fiabilité de l’infrastructure et la sécurité des circulations.
D’autre part, une enveloppe dédiée est affectée à la sous-station électrique de Chedde. C’est un prérequis technique indispensable pour faire circuler davantage de trains simultanément et permettre un cadencement resserré.
Autrement dit, les verrous techniques identifiés sont en train d’être levés.
Accélérer : un choix politique assumé
Nous ne partons pas de zéro. Nous disposons désormais d’un socle d’investissements structurant sur lequel il est possible d’aller plus loin et plus vite, afin de transformer ces travaux en une véritable offre de choc pour les voyageurs.
Un point demeure toutefois problématique : sur ces 72 millions d’euros consacrés à la ligne, la participation actuelle de l’État est inexistante. L’effort repose intégralement sur la Région. Cette situation constitue une anomalie et limite la capacité à financer durablement l’exploitation d’un cadencement renforcé.
La réponse est avant tout politique. Il s’agit d’aller chercher les partenaires et les financements nationaux qui doivent accompagner un projet aussi structurant pour un territoire de montagne. C’est précisément à ce niveau que se joue la crédibilité d’un engagement.
Investir intelligemment l’argent public
L’argent public existe. Il doit être fléché. Lorsqu’il est investi quelque part, il ne l’est pas ailleurs : c’est vrai. Mais c’est précisément pour cette raison que le choix du ferroviaire doit être assumé.
La mobilité du quotidien, le pouvoir d’achat des ménages, la qualité de vie et la réduction des émissions de gaz à effet de serre sont des priorités d’avenir. Le train cadencé à 20 minutes n’est pas une promesse abstraite : c’est un outil concret pour y répondre.
Changer les habitudes suppose de changer l’échelle. Nous faisons le choix de le faire clairement, méthodiquement et avec une ambition à la hauteur des enjeux de la vallée.